Le decret
Nous sommes dans la ville de Saint-Honoré-sous-bois et aujourd'hui c'est le jour J pour cette bourgade de 20000 âmes. Le conseil municipal d'avril a débuté il y a quelques heures et l'émotion est à son comble. Le conseil d'avril est le plus important de l'année car c'est en avril que le conseil choisit les projets phares de la cité qui seront mis en route à la rentrée, en septembre. Les saint-honorois et saint-honoroises attendent avec impatience cet événement qui est le sommet des discussions entamées au cours des six derniers mois dans cette commune très connue pour son engagement civique.
Le parvis de l'hôtel de ville est plein, ils ont enfin tranché sur le menu des cantines: La compote de poire fera son grand rétour à la rentrée.
Citoyen Adrien : Il est grand temps que les enfants découvrent d'autres fruits que la pomme. Ils en ont ras le bol: tartes aux pommes, cakes aux pommes, jus de pomme, bonbons à la pomme, crêpes pomme cannelle, sans oublier les cidres.
Citoyen Baptiste : Il faudrait arrêter avec cette histoire de cidres. On sait tous que le poiré est bien plus délicieux.
Le Maire : Très bien! Prochain élément de la liste : Les crottes de chien. Je crois que nous sommes tous d'accord sur ce point mais laissez-moi vous raconter une triste épisode qui s'est déroulée il y a peu. Nous connaissons tous monsieur Hublot, n'est-ce pas ? Je dirais que c'est l'un des personnages de Saint-Honoré-sous-bois les plus appréciés parmi nous. Chacun a son histoire avec Monsieur Hublot. Cependant, cele qui j'irais partager avec vous, elle n'est pas marrante. J'ai croisé monsieur Hublot le mois dernier à la place de la Victoire, lieu emblématique de notre ville, en face du château. Il faisait une petite balade avec ses neveux lorsqu'il a glissé sur un énorme crotte de chien et est tombé par terre. Deux semaine à l'hôpital à cause d'une crotte de chien. Aussi grosse qui semblait être celle d'un homme.
Citoyen Adrien : Comment pouvez-vous être sûr qu'elle n'était pas d'un homme ?
Le Maire : Je le sais car nous avons tout filmé.
Citoyen Adrien : Alors on pourrait punir le maître du chien.
Le Maire : Excellente remarque. Mais comme vous pouvez le constater dans la vidéo, le chien n'avais pas de laisse sur les images. Ce qui rend l'infraction encore plus grave. Un berger allemand delaissé errant dans notre ville.
Citoyenne Clarisse : Oh! Pauvre M. Hublot1
Le Maire : Ce phenomène ne correspond pas à l'image de notre belle ville. Je suis sensible au fait que nous avons une passion pour nos compagnons à quattre pattes. Mais il faut agir immédiatement. Je propose de renforcer notre personnel responsable de l'assainissement afin de créer une brigade de ramassage des déjections canines.
Citoyen Adrien : Une nouvelle taxe ?
Le Maire : Cette taxe ne sera infligé qu'aux propriétaires de chiens et coûterait moins cher que l'installation de caméras partout. Sans compter l'electricité, le centre de contrôle, de la maintenance. De plus, de nouveaux emplois seraient crées.
Citoyen Adrien : Je n'aime pas l'idéé d'avoir une nouvelle taxe.
Le Maire : Il faut trouver le financement. Ne voulez-vous pas que je pioche dans le budget de l'école ? Rien de plus juste que de faire payer les maîtres de chien pour cette nouvelle dépense. Je crois, en fait, que cette nouvelle taxe ne fera pas long feu. C'est une taxe éducative. Dans quelques années, cette taxe ne sera plus nécéssaire.
La proposition est approuvé au conseil et la brigade de ramassage entrera en action l'année prochaine. Les nouvelles se sont répandues comme une trainée de poudre et la population l'a accueillie entre chien et loup. Il y a ceux qui disait que toucher au porte-monnaie est le seul moyen de luter contre les incivilités; et ceux qui considéraient tout cela comme une anarque, une justification créative pour empocher plus d'argent.
Nous sommes en janvier et la brigade passe à l'action. Le climat de suspicion se dissipe rapidement, car la brigade a apporté des preuves convaicantes pour justifier son existence. Rue Jean D'arc au niveau du numéro 10, devant l'epicérie de Michou, un chien enragé a attaqué M. Hublot et lui a mordu la jambe. M. Hublot a eu une tachycardie et a été pris en charge par la brigade. Oui, la brigade disposait également d'une trousse de secours. Plus tard, dans la nuit, un'autre intervention de la brigade a terminé avec une bagarre de chiens que pertubait le sommeil de saint-honorois. Ces premières succéss on fait la rénomée de la brigade et à une augmentation de la popularité du maire. La brigade trouve une forte approvation de la population qui a vu le nombre des incidents et des incivilités canines reduire drastiquement. On ne vois plus de chiens abbandoné ni de crottes dans les rues.
Cependant, au prochain conseil d'avril, le maire a été surpris par une saint-honoroise qui n'était pas contente avec la taxe des crottes.
Citoyenne Denise : Cette taxe pèse lourd dans les poches des plus pauvres. Ils ne peuvent plus se permettre d'avoir un chien. Seulement les riches peuvent.
Le maire ne voudrait pas voir sa popularité diminuer et a annoncé:
Le Maire : Vous avez raison, madame. C'est un constat que la mairie à déjà fait et je vous remercie pour toucher ce sujet. Nous allons ajuster la taxe. La taxe sur les crottes sera progressive. Les plus riches payeront davantage et les moins fortunés payeront moins, voire rien.
Le maire a été acclamé à tout rompre. Son nom a été scandé avec passion et jamais dans sa carrière politique il n'a réçu autant des tapes dans les ombres, a serré autant de mains et a fait des bisoux à autant des bébés. Un ami du maire a eu l'idée de créer une peluche : Chiote, le chien instruit et propre. Le maire commence a voir les choses en grand, envisageant de faire Chiote sa mascotte de campagne pour une candidature à l'Elysée. "Je vais netoyer les crottes sur Paris et sur toute la France", rêvait-il.
Sécretaire du Maire : Monsieur le maire, une association de parents a ouvert un procés contre la mairie. Ils disent que la loi des crottes punit excessivement les enfants. Les parents se voient contraient de refuser à leurs enfants d'acheter ou adopter un chien en raison du coût "exorbitant", pour reprendre leur mot, car la taxe sur les crottes vient s'ajouter au coût déjà élévé de la création d'un chien. Ils soutiennent que cela prive les enfants d'une étape cruciale dans leur développement, à savoir, l'apprentissage de la responsabilité, de la solicitude envers autrui et du civisme.
Le maire voudrait éviter à tout coût que des ragots tachent sa popularité. Il a préferé de trancher rapidement.
Le Maire : C'est un très juste point. Nous allons créer une exception pour les familles avec des enfants. Ces foyers ne payeront que la moitié de la taxe sur les crottes.
Sauf que cette décision a ouvert un précedent qui n'a pas échappé aux autres saint-honorois. Les mal-voyants exigeaient l'exemption de la taxe, le même traitement demandait l'association de psychologie car les chiens thérapeutes jouent un rôle clé dans plusieurs diagnostics
Le Maire : Ce ne sont que des petites groupes. On peut les offrir l'exemption que ça ne coutera presque rien.
Sauf que il y avait des petit coquins parmis les saint-honorois. D'un jour à l'autre le nombre de mal-voyants déclaré à décuplait et les rêquetes pour un chien thérapeute ont quintupliqué.
Le Maire : Nous allons créer un département anti-fraudes afin d'éviter que des malins ne fassent subir des sanctions aux honnêtes saint-honorois.
Sécretaire du Maire : Nous n'avons pas le budget pour créer ce département, monsieur.
Le Maire : On éléve la taxe sur les crottes.
L'augmentation de la taxe sur les crottes a provoqué une vague d'abandon de chiens. Plus personne n'en veut. Les vétérinaires grondent, les propriétaires des pet shops sont en colère, les producteurs des nourriture pour les chiens sont furieux. La taxe sur les crottes ne rapporte presque rien et les brigadeurs sont en grève en raison de manque de salaire.
Le peuple a voté et monsieur le maire n'a pas été reconduit. Une derrote accablante. Seul deux votes comptabilisés, le sien et celui de M. Hublot, qui lui a confié avoir voté en lui. Il va maintenant se consacrer a sa passion, les bonsais, et peut être lancer sa propre marque de jouets. Oui, car le pelouche Chiote est devenu culte au Japon et cela tombe à pic puisque M. l'ex-maire a des milliers des peluches dans son garage.