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Mes scènes

Sens de la fête

Avant: Typique au Palace (Betty, Gabrielle, Hélène, Clara)

Futur mariée: Par exemple, si on enlève l’entrée, parce qu’avec le cocktail voilà on se demande si ça ne fait pas un peu trop, l’entrée plus le cocktail hein ? On se demandait…

Futur marié: On se faisait la réflexion par rapport au devis, peut-être de passer directement au plat principal parce que comme on se situe déjà dans le haut de la fourchette

Max Angeli: Ah non ! Non, je ne crois pas que vous soyez dans le haut de la fourchette. Vous êtes dans la fourchette standard. Mais si vous voulez on peut réfléchir ensemble sur l’entrée, de faire quelque chose de plus léger.

Futur mariée: Donc de moins cher ?

Max Angeli: De plus léger.

Futur marié: D’accord. Du coup, c’est comme le photographe que vous nous avez proposé.

Futur mariée: On se disait, si on enlève les bords blancs autour des photos par exemple, est-ce que ça ne réduirait pas un peu le coût ?

Max Angeli: Retirer les bords blancs ?

Futur mariée: Oui

Max Angeli: hum. Mais je vais me renseigner. Je ne suis pas certain. Mais je vais poser la question.

Futur marié: Il faut aussi qu’on parle de la décoration florale.

Futur mariée: Oui, on se disait niveau budget les centres de tables en orchidée, c’est peut être un peu de trop ?

Max Angeli: Ecoutez, moi, baisser le budget on a déjà fait plusieurs fois, hein ? Je ne suis pas contre essayer encore, c’est pas un problème.

Futur mariée: C’est l’idée, je ne vous le cache pas.

Max Angeli: Bah, j’avais un peu compris, je ne vous le cache pas. Mais, c’est ce que je dis souvent aux clients, vous avez choisi une salle magnifique, hein, en plein Paris, dans un hôtel de luxe, vous recevez 200 personnes, hein, ça ne peut pas être n’importe quoi. C’est un mariage, pas une kermesse. Donc, il faut maintenir un certain standing. Bien. Et donc ça signifie un certain prix. On ne peut pas baisser, baisser, baisser indéfiniment.

Futur marié: Ecoutez pour être francs, on n’a l’impression que vous n’avez pas très envie de nous aider à trouver des solutions.

Max Angeli: Ah bon ? Et pourtant, il me semble que j’ai essayé de vous accompagner, que j’étais plutôt à l’écoute, non ?

Futur mariée: En fait, on trouve que vous n’êtes pas très inventif.

Futur marié: Oui, voila. C’est ça, vous n’êtes pas très inventif.

Max Angeli: Inventif ? Ah d’accord. Inventif. Alors voila, il me vient pour le coup quelque chose d’assez inventif. Oui, on supprime l’entrée. Je vous suis là-dessus.

Futur mariée: Très bien !

Max Angeli: Complètement, c’est vrai. C’est une bonne idée. Mais on fait aussi l’impasse sur le plat principal. Et alors, où c’est inventif, vous demandez aux gens d’apporter des tupperwares avec des carottes rapées, des œufs durs. Certains préparent des salades à la maison. Vous demandez par exemple à quelqu’un d’apporter de la bière, et puis à un autre d’apporter de la limonade. Ce qui permet de faire des panachés.

Futur marié: Bon écoutez…

Max Angeli: Attendez, attendez, pour la déco, j’ai une idée mais aussi très très inventive. J’ai ma petite nièce qui fait des guirlandes en crépon orange et vert, vous pouvez mettre ça sur une table ou alors autour d’une chaise avec des bouts de scotch ça peut faire un truc joli.

Futur mariée: Mais je ne vois pas pourquoi vous le prenez comme ça ? On voulait juste vous dire…

Max Angeli: Attendez, excusez-moi, je suis désolé mais je n’ai pas fini. Pour les desserts, je pense que ce n’est finalement pas si indispensable que ça les mignardises. On oublie aussi les mignardises, à la place compote mais du choix : pomme/poire, pomme/fraise, pomme/banane, tout ça servi dans des gobelets avec des langues de chat et servi à la louche ahahah à la louche. C’est assez inventif ça ? Parce que si vous voulez je peux avoir d’autres idées et là je vous garantis que vous serez dans la partie basse de la fourchette. Vous serez même dans le manche.

Futur marié: D’accord. Bah, on va réfléchir. Hein ?

Max Angeli: Excusez moi hein, je me suis un peu importé.

Transition Tais-Toi et Le détrousseur

Charlotte: Ça vous plaît ? Je viens de l’acheter à la boutique de l’hôtel. Malgré mon maigre salaire ici, je me permets quelques folies. Déjà parce qu’on a une réduction sur les articles en tant qu’employé. Et en plus parce que je vous jure le regard des clients est totalement différent quand je suis accoutré comme ça. En tout cas il y a vraiment des belles choses à vendre dans cette boutique. Je n’essaie pas de vous faire de la vente forcée en vrai, je ne touche aucune commission sur les ventes. Mais on devrait aller y faire un tour ensemble. Vous pourrez vous faire votre propre avis. Et si je peux me permettre, j’en vois deux trois ici qui ferait bien de s’acheter quelques choses d’autres à se mettre sur le dos.Bah si quand même, on est dans un palace ici Monsieur (ou Madame).

Le détrousseur

Le voleur: Ne bougez pas, je suis un pilleur de banques. Pas de panique, contentez-vous de me passer l'argent.

Le merchand: Excusez-moi, mais c'est un magasin de lingerie féminine ici...

Le voleur: Ah... bien bien bien... euh... s'adapter, improviser... Bien, qu'est-ce vous avez ici?

Le merchand: Nous avon des corsets, des porte-jarretelles, des bas, des soutiens-gorge, des jupons, des slips, des caracos, monsieur.

Le voleur: Bien bien bien... Pas de sac d'argent dans des coffres?

Le merchand: Non, monsieur.

Le voleur: Pas de dépôt en liquide?

Le merchand: Non, monsieur.

Le voleur: Pas de piles de pièces et de billets aisément transportable dans un sac standard?

Le merchand: Pas du tout, monsieur...

Le voleur: Euh... pas de Ticket-Restaurant?

Le merchand: Non plus, monsieur...

Le voleur: Bien bien... bon... s'adapter, s'improviser... euh... Alors donnez-moi un slip, s'il vous plaît.

Transition entre Malade Imaginaire et Kaamelott

Adèle: (à Clara) Plutôt que de dire des sottises, envoyez moi donc la réceptionniste pour qu’elle vide mon pot de chambre.

Charlotte: Quoi encore ?

Adèle: Merci de vider le pot de chambre, il est juste là.

Charlotte: Ah non mais cette fois-ci, c’est mort, je ne nettoierai pas ! J’en ai marre ! On se moque de moi dans cet hôtel ! On essaie de me faire porter des bagages ! Je dois nettoyer sans arrêt derrière ce bonhomme hypocondriaque qui me dégueulasse tout avec son pot de chambre ! Franchement c’est quoi ce manque de respect ! Je vous avais dit que tout partait à volo dans cet hôtel ! Je vais aller voir le directeur !

Daniel: Bonjour, que puis-je faire pour vous ?

Charlotte: J’en ai ras le bol ! Les gens profitent de moi ici ! En même temps quand on est compétent comme moi, c’est toujours pareil hein ! Vous tendez la main on vous prend le bras ! Donc je souhaiterais au moins pouvoir vous parler d’augmentation!

On frappe à la porte.

Daniel: Oh je suis bien désolé, mais j’ai un rendez-vous qui arrive. On en parle plus tard si vous le voulez bien !

Charlotte sort.

Ambroise: Bonjour Monsieur le directeur, je viens vous voir parce que j’ai un souci avec mon collègue Guy ! Je crois qu’il me dénigre totalement. Il me parle à peine et quand il le fait, j’ai vraiment l’impression que c’est pour se foutre de ma gueule.

Daniel: (au téléphone) Pouvez-vous faire venir Guy dans mon bureau s’il vous plaît ? … Merci beaucoup !

Quelques formules

  • Assois-toi!
  • Assoyes-vous!
  • Merci Guy pour être venu. Qui veut commencer à m'expliquer le quiprocuo (malentendu).

Kaamelott (considéré comme tel)

Perceval: Vous savez Sire, j'aimerais bien qu'on commence à m'considérer en tant que tel.

Arthur: Comment ?

Perceval: Comment, comment ?

Arthur: Vous considérer en tant que ? J'ai pas compris.

Perceval: Ben me considérer en tant que tel.

Arthur: En tant que tel quoi ?

Perceval: Parce que j'trouve que j'suis souvent victime des colifichets quand même, c'est pas normal.

Arthur: Victime des ? Putain la vache j'comprends pas un mot d'c'que vous racontez. Allez-y, s'cuzez moi reprenez d'puis l'début j'vous écoute.

Perceval: J'vous disais qu'j'étais souvent victime des colifichets, et qu'il faudrait commencer à m'traiter en tant que tel.

Arthur secoue la tête.

Perceval: C'est pas clair c'est ça ?

Ici on peut tous les deux dire en unisson: Bah non!

Arthur: Nan mais je sens bien qu'vous essayez d'me dire quelque chose. C'est de vous la phrase où vous l'avez entendu ça, colifichets par exemple, qu'est-ce c'est pour vous, comment vous vous l'représentez colifichets ?

Perceval: Comment dire... colifichets c'est quelqu'un qui...

Arthur: Non. Déjà non j'suis désolé pas du tout.

Perceval: Quelqu'un qui dit du mal d'une personne.

Arthur: Non mais non, c'est pas ça.

Perceval: Comment on dit alors ?

Arthur: Comment on dit quoi ? P'tain nan ça y est j'en ai marre là.

Perceval: Une personne qui dit du mal d'une personne qui commence par 'coli'.

Arthur: ... Nan moi j'crois qui faut qu'vous arrêtiez de dire des trucs. Ca vous fatigue déjà, puis pour les autres vous vous rendez pas compte de c'que c'est. Moi quand vous faites ça ça m'fout une angoisse... j'pourrais vous tuer j'crois. De chagrin hein. J'vous jure c'est pas bien. Y faut plus que vous parliez avec des gens.

Perceval: Nan mais j'me goure de mot, c'est pas colibri ?

Ici je prends le livre: Guide de Ornitho

Arthur: (fatigué) Qu'est-ce qu'est pas colibri ?

Perceval: Un type qui dit du mal d'un autre.

Arthur: Un colibri c'est un oiseau.

Perceval: Ben c'est ptet une expression à base d'oiseau ! On dit bien une alouette pour une fille qui dépense et qui arrive pas à faire d'économies.

Arthur: Mais personne dit ça.

Perceval: Vous avez jamais entendu dire 'oh là là celle là tu parles d'une alouette' ?

Arthur: Jamais d'la vie.

Perceval: Ou alors quelqu'un qui oublie toujours tout, c'est bien une tête d'épingle ! Sauf que là c'est pas un oiseau.

Arthur: Une tête de linotte.

Perceval: Qu'est-ce que c'est qu'ça une linotte ?

Arthur: Un oiseau.

Perceval: Ah ! Qu'est-ce que j'disais !

Transition L'art

Gabrielle qui parle en off*

Daniel: Oh je suis bien désolé, mais j’ai un rendez-vous qui arrive. On en parle plus tard si vous le voulez bien !

L'art

Marc, seul.

Marc: Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir des fins liserés blancs transversaux.

Liaison

Il y a liaison dans: "des yeux".

Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art. Lundi, je suis allé voir le tableau que Serge avait acquis samedi mais qu'il [convoitait depuis plusieurs mois. Un tableau blanc, avec des liserés blancs.

Liaison

Il y a liaison dans: "est un".

Il y a liaison dans: "je suis allé".

Prononciation

Médecin: \med.sɛ̃. Il vient du mot latin: medicus.

Chez Serge.

Posée à même le sol, une toile blanche, avec des fins liserés blancs transversaux.

Serge regarde, réjoui, son tableau.

Marc regarde le tableau.

Serge regarde Marc qui regarde le tableau.

Un long temps où tous les sentiments se traduisent sans mot.

Marc: Cher?

Serge: Deux cent mille.

Marc: Deux cent mille? ...

Serge: Handtington me le reprend à vingt-deux.

Marc: Qui est-ce?

Serge: Handtington?!

Marc: Connais pas.

Serge: Handtington! La galerie Handtington!

Marc: La galerie Handtington te le reprend à vingt-deux?...

Serge: Non, pas la galerie. Lui. Handtington lui-même. Pour lui.

Marc: Et pourquoi ce n'est pas Handtington qui l'a acheté?

Serge: Parce que tous ces gens ont intérêt à vendre à des particuliers. Il faut que le marché circule.

Liaison

Il y a liaison dans: ont intérêt.

Marc: Ouais ...

Serge: Alors?

Marc: ...

Serge: Tu n'est pas bien là. Regarde-le d'ici. Tu aperçois les lignes?

Marc: Comment s'appelle le ...

Serge: Peintre. Antrios.

Prononciation

On prononcie le "s" dans "Antrios".

Marc: Connu?

Serge: Très. Très!

Marc: Serge, tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs?

Serge: Mais mon vieux, c'est le prix. C'est un Antrios!

Liaison

Il y a liaison dans: "C'est un".

Marc: Tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs?!

Serge: J'étais sûr que tu passerais à côté.

Marc: Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ?!

Serge, comme seul

Serge: Mon ami Marc, qui est un garçon intelligent, garçon que j'estime depuis longtemps, belle situation, ingénieur dans l'aéronautique, fait partie de ces intellectuels, nouveaux, qui, non content d'être ennemis de la modernité, en tirent une vanité incompréhensible. Il y a depuis peu, chez l'adepte du bon vieux temps, une arrogance vraiment stupéfiante.

Liaison

Il y a liaison dans: "ces intellectuels".

Serge: (après un temps) Comment peux-tu dire "cette merde"?

Marc: (rit) Serge, un peu d'humour! Ris! ... Ris, vieux, c'est prodigieux que tu aies acheté ce tableau!

Marc rit. Serge reste de marbre.

Serge: Que tu trouves cet achat prodigieux tant mieux, que ça te fasse rire, bon, mais je voudrais savoir ce que tu entends par "cette merde".

Marc: Tu te fous de moi!

Serge: Pas du tout. "Cette merde" par rapport à quoi? Quand on dit telle chose est une merde, c'est qu'on a un critère de valeur pour estimer cette chose.

Marc: À qui tu parles en ce moment? Hou hou! ...

Serge: Tu ne t'intéresses pas à la peinture contemporaine, tu ne t'y es jamais intéressé. Tu n'as aucune connaissance dans ce domaine, donc comment peux-tu affirmer que tel objet, obéissant à des lois que tu ignores, est une merde?

Marc: C'est une merde. Excuse-moi.

Serge, seul.

Serge: Il n’aime pas le tableau. Bon... Aucune tendresse Dans son attitude. Aucun effort. Aucune tendresse dans sa façon de condamner. Un rire prétentieux, perfide. Un rire qui sait tout mieux que tout le monde. J'ai haï ce rire.

Marc, seul.

Marc: Que Serge ait acheté ce tableau me dépasse. m'inquiète et provoque en moi une angoisse indéfinie. En sortant de chez lui, j'ai dû sucer trois granules de Gelsémium 9 CH que Paula ma conseillé - entre parenthèses, elle m'a dit Gelsémium ou Ignatia? tu préféres Gelsémium ou Ignatia ? est-ce que je sais moi ? ! - car je ne peux absolument pas comprendre comment Serge, qui est un ami, a pu acheter cette toile. Deux cent mille francs ! Un garçon aisé mais qui ne roule pas sur l'or. Aisé sans plus, aisé bon. Qui achète un tableau blanc vingt briques. Je dois m'en référer à Yvan qui est notre ami commun, en parler avec Yvan. Quoique Yvan est un garçon tolérant, ce qui en matière de relations humaines est le pire défault. Yvan est tolérant parce qu'il s'en fout. Si Yvan tolère que Serge ait pu acheter une merde blanche vingt briques, c'est qu'il se fout de Serge. C'est clair.